EXPOSITION
59 Rivoli— « Interpréter et figurer »
Du 18 au 31 mars 2025
Enzo Heraud expose au 59 Rivoli, Paris, dans l’exposition collective « Interpréter et figurer » aux côtés de Florent Bordinat et Benjamin Pléau. Trois diplômés des Beaux-Arts de Tours interrogent le réel par la peinture et le dessin.
Enzo Heraud à 59 Rivoli : « Interpréter et figurer », trois regards sur le réel
Le mythique 59 Rivoli à Paris accueille « Interpréter et figurer », une exposition collective réunissant trois artistes issus de l’École des Beaux-Arts de Tours : le peintre Florent Bordinat, le dessinateur Benjamin Pléau et le peintre bordelais Enzo Heraud. Trois pratiques distinctes, une même question fondatrice : comment interpréter le réel par l’image ?
59 Rivoli : un espace collectif au service de l’art vivant
Le 59 Rivoli est bien plus qu’un lieu d’exposition parisien. Ancien squat artistique devenu institution culturelle reconnue, il incarne depuis plus de vingt ans une certaine idée de l’art accessible, ancré dans le travail et le processus. Y exposer, c’est s’inscrire dans une histoire collective de la création contemporaine — une cohérence qui n’est pas sans rapport avec la démarche d’Enzo Heraud..fr.
Trois diplômés des Beaux-Arts de Tours : une formation partagée, des voix distinctes
Ce que l’exposition met d’abord en lumière, c’est la richesse d’une formation commune. Bordinat, Pléau et Heraud sont tous trois passés par l’École des Beaux-Arts de Tours, institution fondée en 1774 — date que l’on retrouve d’ailleurs dans le titre même de l’œuvre d’Enzo Heraud exposée au Château de Tours. Cette filiation n’est pas un hasard : elle dit quelque chose de la continuité d’un enseignement centré sur la rigueur du regard et la maîtrise technique.
Mais là où la formation est commune, les langages divergent. Florent Bordinat apporte la peinture dans son rapport à la couleur et à la matière. Benjamin Pléau travaille le dessin, la ligne, l’économie du trait. Enzo Heraud, lui, engage une peinture figurative contemporaine fondée sur la construction de l’image, la précision de la composition et l’élaboration progressive de la surface picturale.
La peinture d’Enzo Heraud : élaborer plutôt que reproduire
Dans le cadre de « Interpréter et figurer », la proposition d’Enzo Heraud repose sur un principe clair : l’image n’est pas une reproduction du réel, mais une élaboration. La composition est pensée, la matière picturale travaillée couche par couche, chaque ajustement ayant pour but de faire tenir l’image dans son équilibre propre.
C’est précisément ce qui rend la confrontation avec Florent Bordinat et Benjamin Pléau intéressante : face au dessin de Benjamin (économie des moyens, efficacité de la ligne), la peinture d’Enzo affirme la nécessité de l’accumulation, de la reprise, du temps long. Face à Florent, elle pose la question du rapport entre expressivité et construction. Trois manières de regarder, trois façons d’interpréter.
« Interpréter et figurer » : une exposition sur la nature même de l’image
Le titre de l’exposition est en lui-même un programme. Interpréter : ne pas se contenter de voir, mais comprendre, choisir, réorganiser. Figurer : donner corps à ce qui est perçu, le rendre visible selon des règles formelles. Ces deux verbes résument bien ce que l’on ressent devant les œuvres d’Enzo Heraud : un réel qui n’est jamais simplement copié, mais toujours passé par le filtre d’une intelligence picturale patiente et rigoureuse.


